Silvia Vázquez
A quoi sert un vêtement que vous ne porterez jamais ? Alessandro Michele part de cette question pour construire « Antibiblioteca », la collection printemps-été 2027 de Valentino, présentée dans l'un des lieux les plus spéciaux de la Fashion Week de Paris : l'historique Bibliothèque Sainte-Geneviève. L'inspiration vient du concept d'« anti-bibliothèque » popularisé par Nassim Nicholas Taleb à partir de la bibliothèque personnelle d'Umberto Eco, forte de plus de 30 000 volumes : les livres que l'on n'a pas encore lus sont précisément ceux qui contiennent tout ce qu'il nous reste à découvrir.
Le directeur créatif emmène cette réflexion au placard. Les vêtements que nous ne porterons jamais, comme ces livres qui restent fermés sur une étagère, parlent aussi de la vie que nous aurions pu vivre et de toutes les possibilités que nous pouvons encore imaginer. Sur les podiums, la théorie se traduit par une débauche maximaliste de couleurs, de dentelles, de plumes, de gros nœuds, de bijoux superposés, de gants d'opéra et de silhouettes à l'esprit années 80 : une collection qui revendique le plaisir de s'habiller sans avoir à attendre une occasion spéciale.

Looks Valentino printemps-été 2027 / Pleins feux sur @Launchmetrics
L'un des détails les plus spéciaux de l'événement a été que même les invités ont participé à l'idée : dans l'invitation, Valentino leur a demandé de venir au salon avec un livre, nouveau ou de leur propre bibliothèque, pour le donner ensuite aux bibliothèques publiques. Une façon de faire du défilé quelque chose de plus qu'une présentation de vêtements, de mettre en valeur la relation entre Mode et Littérature et de rappeler que les deux peuvent ouvrir la porte à des mondes qui n'existent pas encore.
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