Les footballeurs ne se contentent plus de marquer des buts : ils fixent désormais aussi les tendances, et cette compétition le montre plus clairement que jamais. Les sacs de luxe que portent certains joueurs sont déjà d'authentiques objets de désir (tant pour eux que pour nous) et, au-delà de l'anecdote esthétique, le phénomène parle de pouvoir, d'image et d'une nouvelle masculinité.
Nico Williams, Kylian Mbappé et Marcus Rashford exhibent leurs sacs de luxe lors de la Coupe du monde 2026 /Getty Images/Instagram
Jusqu’à présent, le style des footballeurs était analysé à travers leurs montres, leurs baskets, leurs costumes sur mesure ou leurs contrats d’un million de dollars avec des entreprises sportives. Cependant, la Coupe du monde 2026 a confirmé un changement qui se préparait depuis longtemps : l’accessoire dont on parle le plus n’est plus celui des pieds ou du poignet, mais celui de la main ; car le sac de luxe est devenu le nouveau symbole de statut de la plupart des acteurs médiatiques.

Le gardien français Robin Risser avec un sac de voyage Louis Vuitton / Getty Images / FRANCK FIFE
L’image est puissante car elle casse de nombreux codes traditionnels. Le football, historiquement associé à une masculinité classique, hétéronormative et compétitive, fortement marquée par la performance physique, s’ouvre de plus en plus à un langage esthétique beaucoup plus large et inclusif. Les sportifs savent qu’avec le haut-parleur des réseaux sociaux, chaque apparition publique compte ; Ainsi, les arrivées à l'aéroport, les promenades depuis le bus jusqu'à l'hôtel ou les soi-disant « promenades dans les tunnels », ce trajet jusqu'aux vestiaires avant un match, ne sont plus des moments secondaires : ce sont des scénarios de communication, dans certains cas aussi puissants que le terrain de jeu lui-même.

Le footballeur autrichien David Alaba avec un sac Hermés lors de la Coupe du monde 2026 / Getty Images / MAX SLOVENCIK
Les marques de luxe savent parfaitement que peu de profils suscitent autant d’attention mondiale qu’un footballeur d’élite. Un simple regard peut parcourir les réseaux sociaux, les médias spécialisés, les comptes de fans en quelques minutes. C'est pour cette raison que chaque sac vu autour de la Coupe du Monde fonctionne comme une déclaration d'intentions : il parle de goût, de pouvoir d'achat et de personnalité, mais aussi d'appartenance à une nouvelle génération d'hommes qui considèrent la mode comme faisant partie de leur image publique et n'ignorent pas l'impact de leur style.
De Mbappé à Lamine Yamal : les footballeurs portent aussi des sacs
L'équipe de France a été l'un des exemples les plus évoqués. Jacquemus et Nike ont travaillé ensemble pour créer une capsule « lifestyle » pour accompagner les joueurs lors de la compétition, à laquelle ils arrivaient munis de sacs Hermès, Chanel ou Louis Vuitton.
Ainsi, des pièces qui, il n'y a pas si longtemps, étaient principalement associées aux experts de la mode, aux collectionneurs ou aux « célébrités » féminines apparaissent désormais entre les mains d'idoles de masse comme Mbappé, Tchouaméni ou Dembélé, portées avec le naturel d'un sac de sport. Et c’est précisément la clé du phénomène : le sac cesse de ressembler à une provocation et commence à être lu comme une extension normalisée de la garde-robe des hommes (tout autant que l’étaient auparavant les trousses de toilette qu’ils portent habituellement à la main).

Loewe habille l'équipe espagnole de football lors de ses voyages /Loewe
L’Espagne n’est pas loin non plus. Loewe signe les costumes de voyage La Roja, une alliance qui a renforcé le lien entre la mode espagnole, le football et le luxe contemporain. Dans ce contexte, personne n'a été surpris que Nico Williams soit apparu avec l'« Amazona 180 », l'un des modèles les plus reconnaissables et recherchés de la marque, sous la direction créative de Jack McCollough et Lázaro Hernández. Le geste n’est pas mineur : il transforme un classique de la maroquinerie en élément de l’uniforme visuel des jeunes footballeurs.

Nico Williams avec un sac Loewe à la Coupe du monde 2026 /Loewe
Lamine Yamal a également contribué à rendre cette conversation virale. Dès son arrivée à l'appel, le joueur a attiré l'attention avec un sac cabas Chanel qu'il a également associé à une veste de la collection femme de la maison. Un détail qui s'inscrit parfaitement dans l'évolution du vêtement masculin : moins d'étiquettes, moins de rigidité et plus de liberté pour montrer vêtements et accessoires sans avoir à les justifier.
Et ce qui est intéressant dans ce phénomène, ce n'est pas de lister quel joueur porte quel sac, mais de savoir ce qu'il révèle. Le luxe a trouvé dans le football une plateforme pour une visibilité massive et les footballeurs ont trouvé dans le luxe un moyen de construire une histoire. Chaque style communique. Chaque sac dit quelque chose : tantôt puissance, tantôt sophistication, tantôt envie de se démarquer… Et, de plus en plus, une masculinité moins corsetée.
Ainsi, cette fois-ci, le grand titre esthétique de la Coupe du Monde, sans doute l'un des contextes les plus masculinisés de l'imaginaire collectif, ne réside pas seulement dans les kits : il l'est aussi dans les accessoires que ses protagonistes portent naturellement dans leur vie quotidienne. Dans un tournoi où tout est regardé, commenté et partagé, le sac de luxe est presque devenu un trophée de plus.