La chute des cheveux ou alopécie est l'une des grandes préoccupations esthétiques et émotionnelles de nombreuses femmes de plus de 50 ans. Bien qu'elle soit traditionnellement associée aux hommes, l'alopécie féminine existe, a ses propres caractéristiques et, dans de nombreux cas, est réversible ou traitable si ses causes sont bien identifiées.
L'alopécie chez les femmes n'est pas comme celle des hommes
La dermatologue Ana Molina insiste pour démanteler l’une des grandes craintes : « Une femme ne se retrouvera jamais avec la perte de cheveux dont souffre un homme. » Contrairement à l’alopécie androgénétique masculine, qui est généralement progressive et permanente, la chute des cheveux chez la femme est généralement plus diffuse et répond à de multiples facteurs.
Régimes et règles, causes de perte
L'une des causes les plus courantes de chute de cheveux chez les femmes est ce que l'on appelle l'alopécie par carence, notamment liée à un manque de fer. « Chez les femmes, nous constatons beaucoup d'alopécie par carence en raison du manque de fer que nous perdons pendant les règles », explique le Dr Molina. Lorsque ces pertes ne sont pas suffisamment compensées, le follicule pileux en souffre.
La bonne nouvelle est que ce type d’alopécie est réversible. « Quant aux femmes qui perdent beaucoup de fer pendant leurs règles, si elles ne le remplacent pas, c'est là que leurs cheveux en souffrent », précise la spécialiste. Une simple analyse et une supplémentation correcte peuvent faire la différence.
Alopécie chez la femme de plus de 50 ans
Même si de nombreuses femmes sont déjà ménopausées après 50 ans, les carences nutritionnelles restent fréquentes, surtout en cas de régimes restrictifs et hypocaloriques, de problèmes d'absorption ou d'habitudes alimentaires déséquilibrées.

Le stress est un grand déclencheur de la chute des cheveux, « même si ce n'est pas toujours le stress quotidien que l'on imagine habituellement », insiste le médecin. Ana Molina précise que ce que l'on appelle communément « alopécie de stress » correspond généralement à un effluvium télogène aigu, un processus dans lequel les cheveux entrent massivement dans la phase de perte après un événement stressant.
« Tout phénomène stressant, stress physique ou émotionnel, un accouchement, une rupture, le deuil du décès d'un membre de la famille… » peut provoquer ce type d'alopécie, énumère le dermatologue. Chez les femmes de plus de 50 ans, ces épisodes peuvent coïncider avec des changements importants dans la vie, des pertes personnelles ou des situations de surcharge émotionnelle.
Les régimes hypocaloriques forts, une belle cause
Les régimes hypocaloriques extrêmes ont également une influence négative. « Certains de ces régimes qui donnent aux femmes 300 ou 500 calories par jour provoquent évidemment la chute de leurs cheveux », prévient Molina. Les cheveux sont l’un des premiers tissus à souffrir lorsque le corps passe en mode survie.

La clé est dans le follicule
Il est vrai qu’il ne faut pas normaliser la chute des cheveux ni s’y résigner. Il existe différents types d'alopécie et un diagnostic dermatologique adéquat permet de distinguer une alopécie hormonale, carentielle, inflammatoire ou liée au stress. « Dans de nombreux cas, il suffit de corriger le déficit nutritionnel, de traiter la cause déclenchante et de donner du temps au cycle capillaire pour retrouver de la densité », recommandent les experts.
Par ailleurs, la dermatologue Molina rappelle que la chute des cheveux n'implique pas toujours la calvitie : les cheveux peuvent repousser si le follicule n'est pas endommagé de manière irréversible.