À Séville, le Jeudi Saint et le Vendredi Saint transforment les rues en une scène solennelle où tradition et esthétique vont de pair. Parmi les codes visuels qui définissent la Semaine Sainte, peu sont aussi reconnaissables que la figure féminine vêtue de noir et couronnée d'une mantille. Cette année, cette image a de nouveau occupé le devant de la scène grâce à Rocío Osorno, qui a décidé de récupérer un rituel qui ne s'était pas répété depuis des années et qu'elle a partagé avec émotion sur les réseaux sociaux pour ses plus de deux millions de followers.
De nos jours, la mantille est portée en signe de deuil et de respect, et le protocole exige un noir rigoureux, des manches longues, une robe au-dessous du genou et des accessoires discrets. Tout cela destiné à accompagner les visites des temples et les événements liturgiques, et à maintenir la sobriété caractéristique de la journée. La mantille n'est pas seulement un accessoire rituel : c'est un symbole culturel avec des siècles d'histoire. Né comme vêtement fonctionnel et populaire, il a évolué vers la dentelle au XVIIe siècle et a atteint son élan définitif au XIXe siècle, lorsque des personnalités comme Eugenia de Montijo l'ont popularisé dans sa version à trois coins.
Depuis, il est devenu un emblème identitaire, notamment à Séville, où son usage est devenu lié à la Semaine Sainte au début du XXe siècle. Une représentation très contemporaine et différente a été celle de Paco Abreu, « l'influenceur » d'Ayamonte (Huelva) revenu participer à la Semaine Sainte de sa ville vêtu d'une mantille, une tradition historiquement réservée aux femmes qu'il revendique avec respect et émotion : « Dans ma famille, elle avait été perdue et je l'ai reprise pour ma grand-mère.
Rocío Osorno porte à nouveau une mantille pendant la Semaine Sainte à Séville
La créatrice de contenu sévillane est réapparue avec un message chargé de sens personnel, rappelant que la dernière fois qu'elle a porté une mantille, elle était enceinte de son premier enfant. Dans ce contexte chargé de tradition, le choix de Rocío Osorno a montré que la mantille est toujours vivante, s'adaptant aux temps nouveaux sans perdre son air de respect, de solennité et de beauté intemporelle.
Pour l'occasion, Osorno mise sur une robe midi ajustée en velours noir avec une encolure bardot croisée et des manches longues. Elle a ainsi complété le look avec des bas noirs, des chaussures fermées à talons modérés, une pochette discrète et des gants courts en maille. En main, un chapelet : un détail fidèle à l'essence dévotionnelle du jour.

Mais le protagoniste principal a été sans aucun doute la mantille. La pièce, signée Lina Sevilla, est un motif à trois points en dentelle noire posé sur un peigne suivant la structure traditionnelle : deux côtés qui encadrent les épaules et un central qui descend dans le dos. Le chignon soigné et le maquillage simple ont permis à la mantille de briller sans distractions.