Vous avez aussi réalisé que le système de santé est sous tension, et ce n’est pas une critique, c’est une réalité. Il est difficile d'aller chez le médecin et d'obtenir des soins médicaux rapidement s'il ne s'agit pas d'une urgence, sans compter la liste d'attente qui est toujours plus longue que prévu lorsqu'on a besoin d'un rendez-vous avec un spécialiste. Cela nous a obligé à changer notre façon de considérer notre santé. Nous n’espérons pas guérir lorsque le problème apparaît, mais plutôt le prévenir avant qu’il n’arrive. Au départ, prendre soin de soi était une mode, mais c'est désormais une nécessité et, dans ce contexte, les compléments alimentaires ont pris de l'importance.
Où que l’on regarde, les vitamines, les minéraux, les probiotiques ou les adaptogènes font partie du quotidien de ceux qui recherchent de l’énergie, de l’équilibre ou de la prévention. Cependant, l’accès à tant d’informations (et de désinformations) devrait également nous obliger à être plus critiques. Savoir quoi prendre, comment le faire et dans quelles conditions est très important.
Le biochimiste français Mathieu Bouarfaauteur de « La révolution des compléments alimentaires », insiste sur le fait qu'il ne suffit pas de prendre des compléments, il faut bien les prendre. Et l’une des erreurs les plus courantes, comme il l’explique dans l’une de ses vidéos les plus partagées sur son compte Instagram (@nutrastream), est de consommer du magnésium sans vitamine D. « Les gens qui prennent du magnésium sans vitamine D commettent une grave erreur », dit-il. Bien que ce ne soit pas le seul, car comme il l’explique, il y en a quatre autres qui font que votre magnésium n’a aucun effet sur votre corps.
Tu te trompes et tu ne le sais pas : toutes les erreurs
1/ Oubliez la vitamine D
L’erreur la plus courante est de ne pas associer le magnésium à la vitamine D. Selon Bouarfa, « quelle que soit son origine (exposition solaire, ampoules ou supplémentation), la vitamine D permet au magnésium de rester plus longtemps dans les cellules ». Cette relation n’est pas une coïncidence, puisque les deux nutriments interviennent ensemble dans de multiples processus métaboliques, depuis la fonction musculaire jusqu’à la régulation du système nerveux et du métabolisme énergétique.
Le biochimiste nous rappelle qu’en raison de notre mode de vie actuel (qui implique moins d’exposition au soleil, un stress soutenu et une alimentation irrégulière), nous avons besoin d’un petit coup de pouce supplémentaire. Surtout, en tenant compte du fait que la vitamine D et le magnésium font partie des carences les plus courantes en Europe. Prendre l’un sans l’autre réduit son efficacité et limite les bénéfices attendus, notamment en matière d’énergie, de système nerveux et de santé osseuse.
2/ Prenez-le avec du fer ou du calcium
Une autre erreur courante consiste à consommer du magnésium en même temps que du fer ou du calcium. «Ils ne s'entendent pas», explique-t-il. Ces minéraux entrent en compétition pour les mêmes mécanismes d’absorption, réduisant ainsi leur efficacité lorsqu’ils sont pris ensemble. La recommandation est simple. Si vous devez compléter avec plusieurs minéraux, attendez au moins trois ou quatre heures entre la prise de magnésium et la prise de fer ou de calcium. De cette façon, l’absorption s’améliore considérablement.
3/ Faites confiance uniquement à la prise de sang
De nombreuses personnes pensent qu’elles n’ont pas besoin de magnésium car leur analyse indique des niveaux normaux. Bouarfa prévient toutefois que ces données peuvent être trompeuses. « L’analyse sanguine ne permet pas de mesurer correctement les niveaux de magnésium », souligne-t-il. Autrement dit, vous pouvez avoir un déficit cellulaire même si le résultat apparaît à portée.
Il est évidemment conseillé de voir quels sont nos taux sanguins, mais si l'on parle de ce supplément, il fonctionne plus comme un indicateur de la santé rénale que comme une véritable mesure des réserves de magnésium. Pour cette raison, il recommande de ne pas baser la supplémentation uniquement sur ce résultat, mais sur les symptômes, le contexte et une évaluation globale (bien mieux si elle est accompagnée par un nutritionniste ou un expert).
4/ Penser qu'on est en forme alors que la réalité est autre
Tous les magnésiums ne sont pas égaux, et c’est quelque chose que vous devez savoir. Les formes telles que le bisglycinate, le malate, le pidolate ou le picolinate sont généralement de haute qualité, mais le biochimiste prévient que beaucoup sont « branchées », c'est-à-dire mélangées à de l'oxyde de magnésium, une forme moins chère et moins absorbée.
« Si l'oxyde de magnésium apparaît dans la liste des ingrédients au sein du bisglycinate, cela signifie qu'il est mélangé », explique-t-il. Ces types de formulations sont moins bien absorbées et peuvent provoquer des inconforts digestifs. De plus, certaines marques ne le communiquent pas clairement. Le conseil de l'expert ? Vérifiez toujours la composition, demandez au laboratoire si nécessaire et optez pour des formes pures lorsque cela est possible.
5/ Faire une cure trop courte
La dernière erreur est la durée. De nombreuses personnes prennent du magnésium pendant un mois et s'attendent à des résultats durables. Selon l'auteur de « La révolution des compléments alimentaires », un mois améliorera les symptômes tels que le stress, le sommeil ou le syndrome prémenstruel, mais ce n'est pas suffisant.
« Pour que ce soit optimal, trois mois est la durée minimale », précise-t-il. Le magnésium participe à des centaines de processus métaboliques et son remplacement cellulaire prend du temps. La cohérence, plutôt qu’une dose spécifique, est la clé.